| La justice
Doter le budget du ministère de la justice de crédits
budgétaires bien supérieurs.
Réformer la carte judiciaire.
Doter le ministère de la justice d'un outil statistique
permettant une évaluation complète de l'activité
des juridictions pour mineurs.
Valoriser la justice des mineurs par une dissociation accrue
du grade et de la fonction.
Faire informer les enfants dès l'école élémentaire,
par des assistants de justice, des principes de base de l'ordonnance
du 2 février 1945 concernant la responsabilité
pénale des mineurs.
Effectuer un bilan de l'application de la loi du ier juillet
1996 dans le cadre d'une évaluation globale du traitement
des procédures en temps réel concernant les
mineurs.
Etendre le domaine d'indemnisation des commissions d'indemnisation
des victimes d'infractions pénales aux destructions,
dégradations ou détériorations de véhicules.
Remplacer le terme de " classement sans suite "
par celui de " suspension des poursuites sous conditions
" dès lors qu'une réponse est apportée
par le parquet à un acte de délinquance commis
par un mineur; procéder à un comptage statistique
distinct.
Coordonner les interventions des magistrats du siège
et du parquet en ce qui concerne l'audiencement des affaires;
diminuer les délais d'audiencement.
Renforcer, après évaluation des besoins, certains
parquets des mineurs; se doter à cet effet d'éléments
de mesure de leur activité; répondre rapidement
aux vacances de postes de substituts des mineurs
Généraliser les " délégués
du procureur " qui doivent être mieux recrutés
et formés et dont les conditions de rémunération
doivent être précisées.
Généraliser les conventions entre les parquets
qui, du fait de l'absence d'un tribunal pour enfants dans
leur ressort, n'ont pas compétence pour les affaires
de mineurs et ceux qui ont une compétence exclusive.
Constituer des parquets de mineurs dans toutes les juridictions
dans un délai de 18 mois.
Mettre en cohérence l'action des parquets d'un même
ressort au niveau du parquet général.
Mettre en place une permanence de jour spécialisée
pour les mineurs pour chaque parquet.
Désigner les magistrats du parquet spécialement
chargés des mineurs compte tenu de l'intérêt
qu'ils portent aux questions de l'enfance et de leurs aptitudes.
Répondre à tous les actes de délinquance
commis par des mineurs portés à la connaissance
des parquets.
Recourir plus largement aux mesures de médiation
et de réparation pénales.
Mettre en oeuvre une politique volontariste d'habilitation
d'associations dont l'un des objets serait d'exécuter
des mesures de réparation.
Ouvrir aux mineurs délinquants la faculté d'être
assistés par un conseil lors d'une action préjuridictionnelle
; faciliter la conclusion de conventions entre les ordres
d'avocats et les juridictions sur ce point.
Ouvrir parallèlement le bénéfice de
l'aide juridictionnelle dès l'intervention des parquets.
Encourager la création de maisons de la justice
et du droit dans les quartiers en difficulté pour en
tripler le nombre dans un délai de trois ans.
Favoriser les échanges avec les partenaires des parquets
pour que ceux-ci soient sensibililisés à leurs
priorités et afin que ces derniers ne soient sollicités
qu'à bon escient.
Maintenir un équilibre entre les missions du siège
et du parquet et institutionnaliser au sein de chaque tribunal
pour enfants un organe de concertation pour veiller au maintien
de cet équilibre, organiser l'audiencement, évaluer
les flux et communiquer sur le fonctionnement de la justice
pénale des mineurs.
Expliquer aux forces de l'ordre les décisions prises
par les juges des enfants particulièrement lorsqu'un
mineur revient dans son quartier après avoir fait l'objet
d'un défèrement; inciter les juges des enfants
à se rendre dans les commissariats de police et les
brigades de gendarmerie pour expliquer leur activité;
mettre au point des formations communes entre les magistrats
du siège et les agents des forces de sécurité.
Augmenter sensiblement le nombre de juges des enfants
et de greffiers.
Réexaminer la carte des tribunaux pour enfants dans
le sens de leur regroupement.
Rendre obligatoire pour les juges des enfants la tenue d'audiences
civiles et pénales dans les tribunaux d'instance du
ressort et dégager les moyens à cette fin.
Revoir les conditions de nomination des juges des enfants
afin que ne puissent être nommés à ces
fonctions que des magistrats particulièrement compétents
et motivés et que la rotation des postes permette une
durée d'exercice professionnel raisonnable.
Désigner le juge d'instruction chargé des
affaires de mineurs compte tenu de l'intérêt
qu'il porte aux questions de l'enfance et de ses aptitudes;
éviter les rotations trop rapides.
Nommer des vice-présidents chargés des fonctions
de juge des enfants qui aient exercé auparavant les
fonctions de juge des enfants.
Désigner le magistrat délégué
à la protection de l'enfance compte tenu de l'intérêt
qu'il porte aux questions de l'enfance et de ses aptitudes.
Affecter dans les juridictions pour mineurs des assistants
de justice.
Affecter dans les juridictions pour mineurs des emploisjeunes,
ces derniers devant être financés à 100
% par l'État; généraliser les conventions
entre l'Éducation nationale et la justice pour mettre
à la disposition des juridictions pour mineurs des
emplois-jeunes.
Inciter la Protection judiciaire de la jeunesse et le secteur
privé habilité à proposer un plus grand
nombre de mesures de réparation, ces dernières
devant être requises par les parquets.
Inciter les juges des enfants à trouver des postes
de travail d'intérêt général qui
rendent plus visible l'action de la justice des mineurs et
envisager que des peines de travail d'intérêt
général soient exécutées au sein
de l'institution policière.
Proposer des formations regroupant magistrats du siège,
du parquet, gendarmes et policiers spécialisés,
travailleurs sociaux; diffuser un guide méthodologique
des potentialités offertes par les textes à
tous les magistrats du siège spécialisés.
Etablir des conventions entre les juridictions pour mineurs
et les services éducatifs concernant les conditions
précises dans lesquelles les mesures décidées
par les juges sont prises en charge : présence des
services éducatifs àl'audience, délais
de mise en oeuvre de la mesure, compte-rendu au juge.
Réactiver l'institution des " délégués
bénévoles à la liberté surveillée
".
Généraliser à toutes les juridictions
pour mineurs l'institution d'un " tableau de bord "
dans chaque cabinet de juge des enfants.
Institutionnaliser le rôle de coordination et de représentation
d'un magistrat dans chaque tribunal pour enfants.
Inscrire dans le Code de l'organisation judiciaire l'obligation
pour chaque tribunal pour enfants d'établir un rapport
annuel sur son activité.
Conférer au magistrat délégué
à la protection de l'enfance àla cour d'appel
un rôle de coordination et de contrôle dans le
fonctionnement des juridictions pour mineurs.
Décharger la Protection judiciaire de la jeunesse
de l'exécution des décisions des juges des enfants
prises au titre de l'assistance éducative pour les
mineurs de moins de 13 ans.
Elargir la gamme des réponses éducatives par
la mise en oeuvre d'un dispositif départemental Protection
judiciaire de la jeunesse/secteur privé habilité.
Proposer dans chaque département des mesures de réparation
qui pourront être mises en oeuvre tant par la Protection
judiciaire de la jeunesse que par le secteur privé
habilité.
Créer à l'initiative de la Protection judiciaire
de la jeunesse des " classes ouvertes " dans chaque
département.
Mettre en place un dispositif départemental d'accueil
d'urgence.
Créer au plan national une vingtaine d'internats,
gérés soit par la Protection judiciaire de la
jeunesse, soit par le secteur privé habilité,
et implantés par priorité dans les départements
les plus sensibles.
Maintenir les foyers d'hébergement, mais les renforcer
dans le sens d'une présence éducative soutenue
auprès des jeunes.
Développer les solutions d'éloignement et
de rupture
unités à encadrement éducatif renforcé,
familles d'accueil et lieux de vie.
Augmenter d'une manière très significative
les crédits et les postes budgétaires de la
Protection judiciaire de la jeunesse.
Déconcentrer la gestion des personnels.
Donner plus de souplesse dans la gestion et le recrutement
des personnels; encourager l'affectation des agents par fiche
de poste; rechercher la mixité des équipes;
promouvoir le recours à des contractuels; aménager
des passerelles entre la Protection judiciaire de la jeunesse
et d'autres administrations, pour favoriser la mobilité
des éducateurs ; créer des équipes "
d'éducateurs placés " au sein des directions
régionales de la Protection judiciaire de la jeunesse.
Réserver le recrutement des personnels éducatifs
de la Protection judiciaire de la jeunesse aux détenteurs
d'un diplôme de travail social.
Refondre profondément la carte pénitentiaire;
installer progressivement et systématiquement dans
chaque maison d'arrêt, des petits quartiers de 20 à
25 places, réservés aux mineurs et aux jeunes
majeurs ayant commencé l'exécution de leur peine
pendant leur minorité.
Adapter dans les quartiers de mineurs le régime
de détention et les règles relatives à
l'individualisation des peines; intégrer des quartiers
de mineurs dans tous les établissements du programme
" 4000 ".
Fermer le centre de jeunes détenus de Fleury-Mérogis
aux mineurs et le transformer en établissement exclusivement
réservé aux jeunes majeurs de 18 à 21
ans; interdire immédiatement le recours au quartier
disciplinaire des adultes pour l'exécution des sanctions
des mineurs et jeunes majeurs.
Développer le régime de la semi-liberté.
Expérimenter le recours à l'exécution
de la peine sous le régime du placement sous surveillance
électronique.
Modifier le Code de procédure pénale pour que
le juge des enfants soit saisi pour avis pour l'exécution
d'une peine n'excédant pas un an, dès lors qu'elle
est prononcée par une juridiction spéciale pour
mineurs.
Donner la possibilité au juge de l'application des
peines de saisir le service éducatif auprès
du tribunal pour assurer le suivi d'un mineur dans le cadre
de la libération conditionnelle.
Affecter sur des postes fixes au sein des quartiers des
mineurs des surveillants volontaires, motivés, ayant
reçu une formation complémentaire.
Concrétiser la mission globale de réinsertion
de l'administration pénitentiaire en prévoyant
de nouveaux postes d'enseignants, en développant des
activités physiques et sportives, avec la possibilité
de stages sportifs en extérieur, et en renforçant
l'intervention de l'inter-secteur de psychiatrie. Rendre obligatoire
le programme d'activité des mineurs détenus
qu'ils soient en détention provisoire ou non. |